La commémoration de la guerre de 14-18 vue par François Hollande


François Hollande a prononcé le 7 novembre devant les députés et les sénateurs un discours destiné, selon lui, « à donner un sens » 
à la commémoration de la première guerre mondiale et de la Libération de la France en 1945, commémoration qui, dit-il, est « d'une 
importance exceptionnelle pour notre pays, mais aussi pour l'Europe et le monde. », bref à en définir la conception officielle. Son 
allocation est du début à la fin un texte politique.

1) La promotion de l'Union européenne, « cette grande aventure humaine » !

D'emblée il enfonce le clou avec lyrisme :  «  Revenir sur les deux chaos du XXème siècle, sur ces deux épouvantables saignées , c'est 
rendre justice à l'Union européenne, à cette grande aventure humaine, à cette conquête inédite, qui a assuré la paix et la démocratie 
entre des pays qui s'étaient si atrocement déchirés, offrant là un exemple, une référence au monde entier. »
Un peu plus loin, il évoque la deuxième guerre mondiale avec le même objectif :  « Il fallut , hélas, un désastre encore plus ravageur ; un
déchaînement encore plus terrifiant, dont la Shoah fut le paroxysme pour que de cette épouvante sortent les Nations Unies, la charte 
internationale des droits de l'homme et l'Union européenne. », dont il faut rappeler qu'elle est une machine à baisser le coût du travail 
(donc les salaires), à privatiser, à réduire brutalement les dépenses publiques, donc à démanteler les services publics et la protection 
sociale…etc.

 2) La défense de la France coloniale d'hier… 

François Hollande s'exalte : «  Comment ne pas saluer les 430 000 soldats venant de toutes les colonies, de l'Afrique à l'Asie du 
Sud-est et qui ont pris part à une guerre qui aurait pu ne pas être la leur. » Qui « aurait pu », la formule est d'une hypocrisie qui conforte 
l'hypocrisie du verbe « venant ». Ces soldats embrigadés sans qu'on leur ait demandé leur avis ou leur accord ne sont pas « venus ». 
La puissance coloniale les a fait venir ou embarqués dans une guerre qui n'était pas la leur… puisqu'elle visait entre autre à défendre 
becs et ongles les empires coloniaux français et britannique, où ils étaient opprimés et exploités, contre les appétits germaniques.

3) Promotion de l'Union nationale d'hier….

Cette défense de la France coloniale est un symbole de l'Union nationale exaltée par François Hollande du début à la fin de son 
discours placé sous la patronage du général de Gaulle, le père fondateur des institutions antidémocratiques de la Vème République, et
qu'il cite trois fois. Sous ce parrainage, il réunit comme images d'une unité fabriquée par lui, Jaurès, le capitaine Dreyfus, Clemenceau, 
Aristide Briand, Lionel Jospin et Nicolas Sarkozy, cités chacun une fois comme éléments d'un ensemble cohérent.
« La grande guerre, déclare-t-il, fut celle de l'unité nationale. En juillet 1914 s'opposaient, s'opposaient encore, s'opposaient toujours 
ceux qui voulaient à tout prix venger l'humiliation de Sedan à ceux qui, comme Jaurès, dénonçaient la funeste mécanique des alliances 
et les méfaits de l'impérialisme. Mais, reconnaissons-le comme un fait, lorsque la mobilisation générale fut proclamée, il n'y eut plus 
qu'un seul pays, une seule Nation, une seule armée. » Après avoir cité Péguy, en effaçant sa haine meurtrière pour le combat de Jaurès
contre la guerre et pour Jaurès lui-même, Hollande évoque le capitaine Dreyfus  alors engagé volontaire… et Apollinaire, ainsi 
arbitrairement réunis dans l'Union nationale à la Hollande, avant de conclure  « Dans ce combat-là il n'y avait qu'une France, celle qui 
défendait son intégrité et ses valeurs » et l'empire colonial, le grand oublié de Hollande.

4) …pour fonder l'Union nationale d'aujourd'hui.

Tel est en effet l'objectif essentiel de ce discours qui dessine, rappelons-le, les grandes lignes de la commémoration officielle. 
Hollande affirme ainsi : « La grande guerre a encore beaucoup à apprendre à la France d'aujourd'hui (…). Elle nous rappelle la force 
d'une Nation quand elle est rassemblée (…), la nécessité de mobiliser les énergies au-delà des intérêts particuliers (….), l'impérieuse 
nécessité de faire bloc si nous voulons gagner les batailles qui aujourd'hui ne sont plus militaires, mais économiques. » Et il condense
son objectif en trois verbes : « Réformer, réunir, réussir. Voilà l'ordre de mobilisation que  nous pouvons délivrer. »
« Réformer », on sait ce que cela veut dire : accroître les exonérations de cotisations sociales réclamées par les patrons, c'est-à-dire  
réduire comme peau de chagrin le salaire différé, disloquer, voire détruire les acquis sociaux, démanteler la sécurité sociale et le code 
du travail. «  Réunir », c'est demander aux syndicats ouvriers de donner leur aval à cette politique en échange de prétendues « 
contreparties »... pour réussir à diminuer à toute force le coût du travail en France, comme cela a déjà été fait, sous l'égide de l'Union 
européenne en Grèce, au Portugal, en Espagne.

5) Les enseignants « mobilisés » - donc embrigadés - au service de cette propagande.

Cette formule n'est pas une exagération, c'est celle de François Hollande qui affirme à la fin de son discours : dans cette 
commémoration officielle, dit-il,  « L'Education nationale jouera un grand rôle. Je sais que les enseignants, et pas simplement 
d'histoire, sont déjà mobilisés. » Mobilisés dans le cadre de « l'ordre de mobilisation » qu'il a lancé juste avant dans la nouvelle union 
nationale qu'il préconise. Hollande prétend donc embrigader ces enseignants, toutes disciplines confondues, au service de la politique 
du gouvernement.